nov 2004
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les AMIS DE PAKSANE

présentent

PAKSANE & LA PROVINCE DE BORIKHAMSAI


La modernisation de Paksane
et de sa province

 

2000


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

On assiste depuis une dizaine d'années à une accélération de la pénétration des signes extérieurs du "progrès" technique dans la province de Paksane.  

C'est maintenant une route goudronnée qui conduit de Vientiane à Paksane et se prolonge jusqu'à Savannakhet. Le tronçon de Vientiane a été construit par les Suédois, et celui de Paksane à Khammouane par les Chinois. 
Depuis 1996, la ville de Paksane est desservie en électricité; une électricité qui est produite par les barrages hydroélectriques du Laos, mais qui transite par la Thaïlande avant de retraverser le Mékong au niveau de Paksane. A l'extrème sud-est de la province, après un premier barrage sur la Nam Theun, un nouveau barrage Nam Theun2 est en cours de construction ( http://www.namtheun2.com )
De même, quelques dizaines de foyers sont maintenant équipés de téléphone. Quant à la télévision, elle est omniprésente, y compris dans les villages qui ne sont pas électrifiés. Elle diffuse les programmes de la TV nationale, mais surtout ceux de la TV Thaïlandaise.
A Paksane et dans les villages alentour, les buffles ont quitté les paysages des rizières. L'usage du motoculteur s'est maintenant généralisé. Les paysans qui n'en sont pas encore dotés en louent. Le motoculteur sert également à transporter les familles sur de courtes distances et à produire l'électricité (pour regarder la télé). 
Autre progrès récent dans la plaine de Paksane: la récolte de saison sèche. Elle n'est pas encore généralisée, mais les périmètres irrigués se multiplient. La récolte de saison sèche nécessite un équipement en pompes hydrauliques qui vont puiser l'eau dans le Mékong et la fond circuler dans des canalisations qui irriguent l'ensemble des rizières. Tous les bénéficiaires de parcelles irriguées se sont endettés sur 20 ans pour s'équiper en pompes. Chaque saison, la programmation de l'irrigation des différentes parcelles fait l'objet de fréquentes réunions au niveau du village.

Les maisons traditionnelles sur pilotis sont réalisées entièrement en bois ou en bambou. Depuis longtemps, les paysans aisés ont remplacé la toiture traditionnelle de paillote par de la tôle. Quand ils en ont les moyens, beaucoup de gens se font maintenant construire des maisons en dur. L'argent nécessaire à de telles constructions provient souvent de l'exploitation forestière, ou bien il est envoyé par des membres de la famille résidant en occident.

L'eau courante va bientôt faire son apparition à Paksane, des travaux sont en cours.
   

maison traditionnelle lao

Maison traditionnelle lao

 

2004

En février 2004, un groupe de l'Association "Amitiés Avignon Paksane" a organisé un séjour à Paksane.
Jean-Louis Archet, chef d'établissement du lycée La Salle d'Avignon, était du voyage. Membre de l'association "Les Amis de Paksane", il était coopérant à Paksane au début des années 70, il a réalisé une thèse de Doctorat en Géographie sur cette région.

Voilà ce que constate Jean-Louis Archet:


En 5-6 ans bien des choses ont changé :
Eau courante et égouts à Paksane. L'eau pompée dans la Nam Sane et le Mékong, filtrée, est distribuée à partir de châteaux d'eaux qui dominent le paysage. Dans beaucoup de maisons on a installé un système de fîltration de l'eau, parfois on achète de l'eau traitée.
Il y a maintenant une meilleure hygiène car un grand nombre de maisons possède des toilettes modernes...
L'électricité est disponible dans beaucoup de villages.
Les routes sont en excellent état, y compris les voies secondaires qui desservent les villages à partir du grand axe de la route 13.
Les bus, taxis, deux roues (une moto chinoise coûte 500 Euros)... sont nombreux.
L'artisanat produit meubles, vannerie, vêtements mais aussi ciment, bois...
Près de Paksane une fonderie traite les métaux de récupération, nous avons vu plusieurs fabriques de briques repérables à leurs fours. Une grande menuiserie est installée au bord de la route 13, une usine de tri et recyclage des ordures.
Beaucoup moins d'importations de Thaïlande qu'autrefois. L'agriculture a vu la généralisation de la double récolte partout où l'on peut irriguer et le développement de cultures de fruits, légumes, tabac...
La vie reste difficile car les salaires sont bas et les enseignants ont donc aussi une rizière mais incontestablement le pays évolue : il ressemble désormais au monde rural thaïlandais il y a trente ans.

 


Scolarisation de Paksane
et de sa province



Une classe de l'école de Paksane Maî

 


L'école du village de Phone Saï, à 40 Km de Paksane, devant le terrain de foot

 

Au Laos, la scolarisation de masse est un phénomène postérieur à 1960. Dans la province de Paksane, moins étendue que le Borikhamsaï actuel, le taux de scolarisation dans le primaire qui n'était que de 26% en 1961 était passé à 56% en 1972.

Cet enseignement primaire était dispensé en lao , alors que l'enseignement secondaire restait dispensé en français et conduisait aux diplômes français (BEPC, Baccalauréat). Jusqu'en 1974, il n'y avait dans la province de Borikhane qu'un seul collège d'Etat, avec une classe par niveau, auquel il fallait ajouter un établissement de la mission catholique. Le fait que l'enseignement secondaire soit dispensé en Français posait évidemment des problèmes, car les élèves devait passer une année à apprendre ce qui était pour eux une langue étrangère. Les enfants des campagnes qui avaient très peu de chances d'accéder au collège en avaient encore moins de parvenir au lycée.

La révolution de 1975 précipita une évolution inéluctable: l'enseignement secondaire bascula brutalement du français au lao. Cette mutation qui se produisit dans un contexte de remous politiques et de difficultés économiques fut accompagnée de l'hémorragie d'une partie du corps enseignant. L'enseignement supérieur fut également bouleversé: Traditionellement, une grande partie des étudiants laotiens obtenaient des bourses pour poursuivre leurs études supérieures en France. Dés 1976, tous les étudiants furent dirigés vers des pays communistes: Vietnam, URSS et pays de l'Europe de l'est.

Par rapport à 1974, l'enseignement secondaire de Paksane a incontestablement gagné en surface puisqu'en plus des 2 collèges, un lycée a été installé dans l'ancien établissement de la mission catholique, encore appellé Mazenod . Au jour où nous écrivons ce document, nous manquons encore de statistiques précises sur la situation de l'enseignement dans le Borikhamsaï. Le niveau de formation des enseignants est un gros problème que vient renforcer le niveau de leurs salaires, insuffisants pour assurer leur subsistance, même s'il étaient versés régilièrement, ce qui est rarement le cas. Beaucoup de villages assurent une prise en charge directe de leur instituteur.

Devant les insuffisances de l'enseignement, le gouvernement a encouragé depuis 1992 le développement de l'enseignement privé. A Paksane, des bâtiments de la mission catholique, confisqués en 1975, ont été rétrocédés à un ancien inspecteur de l'enseignement secondaire de la province (voir Les projets de l'association et les comptes-rendus des différents voyages faits par des adhérents de l'Association).

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