Plus de 90% des laotiens tirent leurs ressources de l'agriculture,
de la pêche et des produits forestiers. Entre plaine et montagne,
les différences sont nombreuses: Les montagnards ont une prédilection
pour le Ray , c'est-à-dire la culture sur brulis, les
habitants de la plaine, une prédilection pour la rizière
inondée ( Na ), même s'ils pratiquent à
l'occasion, ou en complément le Ray . Autour de Paksane,
on se trouve en présence d'une agriculture de plaine, mais certains
villages lao-theung ont conservé leurs habitudes des
montagnes et continuent de pratiquer le Ray .
Le premier principe du droit foncier rural consiste en ce que le
travail de défrichement du premier occupant lui donne droit de
propriété sur le sol. L'abandon prolongé de l'exploitation
libère le sol de tout droit. Le riz est la culture principale,
mais les villageois cultivent également des légumes et
des arbres fruitiers. Dans leurs rizières, ils aménagent
également des fosses à poissons ( Loums ).
Le paysan laotien consacre à sa rizière le plus clair
de son activité.
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Repiquage du riz et labourage traditionnel
avec un buffle.
Dans les villages autour de Paksane,
les buffles sont de plus en plus remplacés par des motoculteurs.
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Jusqu'à la fin des années 90, dans la région
de Paksane, on ne faisait qu'une seule récolte par an, par suite
de la concentration saisonnière des pluies. Ces dernières
années, un certains nombre de périmètres irrigués
ont été aménagés à Paksane et dans
certains villages de la province, ce qui permet de faire 2 récoltes
par an. Dans le cas d'une récolte unique, le calendrier de la
rizière est le suivant:
- Après les premières pluies, la fin du mois de Mai
est la période des premiers labours. Le paysan se rend à
la rizière de bon matin et travaille jusqu'en fin de matinée.
Malgré les pluies qui rafraichissent l'atmosphère, c'est
une saison encore très chaude.
- Après avoir trempé pendant plusieurs jours, la semence,
prélevée sur la récolte précédente,
est semée à la volée sur les deux ou trois carrés
de semis soigneusement préparés en bordure de rizière.
- Un deuxième labour a lieu fin juin avant le repiquage.
- Fin Juin début Juillet, lorsque les pousses ont atteint
environ trente centimètres de haut, c'est le repiquage. Ce travail,
le plus pénible requiert l'énergie de toute la famille
qui passe de longues heures sous le soleil, les pieds dans la boue.
Durant ce travail du repiquage, les uns déracinent les pousses
et nettoient les racines tandis que les autres repiquent.
- A la fin du mois d'Août, les familles s'installent dans les
maisons temporaires de la rizière, parfois à plusieurs
kilomètres du village (certains déménagent dés
les premiers travaux). Le travail consiste alors à éloigner
les animaux et à arracher certaines herbes aquatiques qui gênent
le développement du paddy. A l'occasion, le paysan pêche
dans la rizière et ramasse les petites crevettes.
- La moisson se fait de fin octobre à début septembre.
Le riz, lié en petites bottes, est entassé à proximité
de la rizière pour le séchage. Après quelques jours
débute le battage sur une aire préparée à
cet effet: Chaque gerbe, coincée entre deux bâtons est
frappée contre une planche pour séparer le grain de la
paille. Cette période de battage est l'occasion de réjouissances
traditionnelles.
- Le riz sera ensuite décortiqué au fur et à
mesure de la consommation, de plus en plus, dans les rizeries mécaniques
qui se sont installées dans tous les villages où l'on
ne trouve plus qu'exceptionellement des femmes en train de décortiquer
avec le pittoresque "pilon à pied".
L'irrigation des rizières permet de faire une récolte
de saison sèche. Dans ce cas, le même cycle est répété
2 fois au cours de l'année, le deuxième repiquage intervenant
à la fin du mois de décembre.
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