mai 2000
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les AMIS DE PAKSANE

présentent

PAKSANE & LA PROVINCE DE BORIKHAMSAI

Aspects de la vie rurale
dans la province de Borikhamsaï

Dans la société rurale lao traditionnelle, on ne trouve pas de classes sociales bien différenciées; la population est formée par de petits propriétaires qui se groupent autour du Nay Ban , le chef du village qu'ils ont élu. 

La collectivité villageoise est une entité solide ou chacun exprime son point de vue et qui ne prend de décision que lorsqu'il y a consensus général. La famille, les amis, l'ensemble de ceux que l'on appelle les Phi Nong, et cette appellation englobe souvent tous ceux qui sont originaires du même village, jouent un très grand rôle pour le Lao . Les liens de familiarité et de bonhomie qui existent à l'intérieur du village sont un des charmes de la société lao . La famille, élément de base du système social, a une très grande emprise sur tous.

 
Avec le caractère démocratique des relations dans le milieu villageois, ce qui frappe le plus est la philosophie du Bo Pen Nyang que l'on peut traduire par "cela ne fait rien" et qui s'applique à toutes les circonstances de la vie, avec pour conséquences douceur, tolérance, laisser-faire.

 
La société villageoise est un milieu plein de gaité et de bonne humeur. Tous les prétextes sont bons pour organiser des réunions, des bouns (fêtes), les plaisanteries, les mots d'esprit fusent. Le contact avec les villageois les montre pleins de curiosité, d'ouverture. Dans les relations avec les grands, les Chao Nay , ils se protègent par des manifestations d'une grande déférence, mais en réalité, ils ne s'en laissent pas imposer.

 
La fête des pirogues
La cohésion sociale des communautés villageoises s'expriment au travers de nombreuses fêtes traditionnelles. La fête des pirogues, en octobre, marque la fin de la saison des pluies. ci-contre, la préparation d'une pirogue, à la pagode du quartier Pho Sy
Course de pirogues sur le Mékong, devant l'embouchure de la Nam Sane
Course de pirogues
Les bonzes assistent à la compétition
Les bonzes de Paksane qui assistent à la compétition.

 


La culture du riz

Plus de 90% des laotiens tirent leurs ressources de l'agriculture, de la pêche et des produits forestiers. Entre plaine et montagne, les différences sont nombreuses: Les montagnards ont une prédilection pour le Ray , c'est-à-dire la culture sur brulis, les habitants de la plaine, une prédilection pour la rizière inondée ( Na ), même s'ils pratiquent à l'occasion, ou en complément le Ray . Autour de Paksane, on se trouve en présence d'une agriculture de plaine, mais certains villages lao-theung ont conservé leurs habitudes des montagnes et continuent de pratiquer le Ray .
Le premier principe du droit foncier rural consiste en ce que le travail de défrichement du premier occupant lui donne droit de propriété sur le sol. L'abandon prolongé de l'exploitation libère le sol de tout droit. Le riz est la culture principale, mais les villageois cultivent également des légumes et des arbres fruitiers. Dans leurs rizières, ils aménagent également des fosses à poissons ( Loums ).
Le paysan laotien consacre à sa rizière le plus clair de son activité.

 
Labourage traditionnel avec le buffle
Repiquage du riz
Labourage avec motoculteur
Repiquage du riz et labourage traditionnel avec un buffle. 

Dans les villages autour de Paksane, les buffles sont de plus en plus remplacés par des motoculteurs.

 Jusqu'à la fin des années 90, dans la région de Paksane, on ne faisait qu'une seule récolte par an, par suite de la concentration saisonnière des pluies. Ces dernières années, un certains nombre de périmètres irrigués ont été aménagés à Paksane et dans certains villages de la province, ce qui permet de faire 2 récoltes par an. Dans le cas d'une récolte unique, le calendrier de la rizière est le suivant:
- Après les premières pluies, la fin du mois de Mai est la période des premiers labours. Le paysan se rend à la rizière de bon matin et travaille jusqu'en fin de matinée. Malgré les pluies qui rafraichissent l'atmosphère, c'est une saison encore très chaude.
- Après avoir trempé pendant plusieurs jours, la semence, prélevée sur la récolte précédente, est semée à la volée sur les deux ou trois carrés de semis soigneusement préparés en bordure de rizière.
- Un deuxième labour a lieu fin juin avant le repiquage.
- Fin Juin début Juillet, lorsque les pousses ont atteint environ trente centimètres de haut, c'est le repiquage. Ce travail, le plus pénible requiert l'énergie de toute la famille qui passe de longues heures sous le soleil, les pieds dans la boue. Durant ce travail du repiquage, les uns déracinent les pousses et nettoient les racines tandis que les autres repiquent.
- A la fin du mois d'Août, les familles s'installent dans les maisons temporaires de la rizière, parfois à plusieurs kilomètres du village (certains déménagent dés les premiers travaux). Le travail consiste alors à éloigner les animaux et à arracher certaines herbes aquatiques qui gênent le développement du paddy. A l'occasion, le paysan pêche dans la rizière et ramasse les petites crevettes.
- La moisson se fait de fin octobre à début septembre. Le riz, lié en petites bottes, est entassé à proximité de la rizière pour le séchage. Après quelques jours débute le battage sur une aire préparée à cet effet: Chaque gerbe, coincée entre deux bâtons est frappée contre une planche pour séparer le grain de la paille. Cette période de battage est l'occasion de réjouissances traditionnelles.
- Le riz sera ensuite décortiqué au fur et à mesure de la consommation, de plus en plus, dans les rizeries mécaniques qui se sont installées dans tous les villages où l'on ne trouve plus qu'exceptionellement des femmes en train de décortiquer avec le pittoresque "pilon à pied".
L'irrigation des rizières permet de faire une récolte de saison sèche. Dans ce cas, le même cycle est répété 2 fois au cours de l'année, le deuxième repiquage intervenant à la fin du mois de décembre.
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