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J'écoute mon CD au Laos et comme à
chaque fois quantité de souvenirs me reviennent.
Je ressens encore cette ambiance et ce dépaysement total dans un
univers où la simplicité prime sur la technologie.
J'hume encore l'odeur du poulet grillé dans les rues de la Capitale
et tous ses parfums, je repense à cette multitude de couleurs qui
caractérisent les marchés du Laos.
Je vois encore le visage des personnes que j'ai rencontrées, famille,
professeurs, amis, religieuses qui m'ont tous profondément marqué.
A chaque étape, une rencontre ; et à chaque rencontre, une
aventure humaine.
1ère étape : Savannakhet
Quel bonheur et quelle fierté de voir l'école
de " Ban Phone Soune
" que nous avons en grande partie financée, école qui
accueille une centaine d'élèves. Leur joie de vivre et leur
envie d'étudier me conforte et m'encourage dans notre action et
nos ambitions. L'école est bien entretenue et je suis heureux de
voir que cette structure va leur permettre réellement de travailler
dans de bonnes conditions.
" Ban Gnane Soune " est un autre village de la région
de Savannakhet qui a sollicité notre aide dans la construction
d'une nouvelle école. L'actuelle étant très abîmée
par les tornades et les intempéries.
Les mesures et l'estimation des travaux étant faits, sur place,
nous avons pu chiffrer rapidement le coût de cette construction.
Face à l'acceptation de prendre à leur charge selon leurs
possibilités une partie du coût du toit et au vu de leur
ferme implication, j'ai été touché et cela m'a donné
envie d'apporter notre contribution.
En effet, il est évident que le village manque cruellement de moyens
et est abandonné par le gouvernement.
Je me pose la question à un moment donné sur les raisons
d'un tel laxisme dont fait preuve l'état à l'égard
de l'éducation de son pays.
2ième étape : Paksane
Là, je découvre une femme extraordinaire
et courageuse : Sur Hiène. Extraordinaire par sa foi et sa
compassion et courageuse face aux critiques des villageois, face à
l'oppression du régime communiste qui vise à éradiquer
toute religion, et face aux malheurs des filles qui viennent demander
son aide. Faire le bien, ne va pas sans braver le mal apparemment.
Pauvre David Sy, il m'est déjà très douloureux de
le voir dans cet état, alité constamment et nourri par injection
dans l'estomac.
Une partie de son corps est gravement touché par la maladie qui
le ronge jour après jour. Malgré tous les médicaments
administrés, ses douleurs persistent. Mais jusqu'à son dernier
souffle, l'enthousiasme qu'il l'anime pour poursuivre son combat est resté
intacte. (*).
A l'école Maï, le devis d'une clôture pour protéger
l'école a été effectué.
Au Lycée Mazenod, les échafaudages pour la réfection
de la façade ont été montés. L'argent récolté
par " Amitié Avignon Paksane " permettra, je l'espère,
la rénovation totale du Lycée.
Au Lycée Km4, Sithanaxay, les conditions pour étudier des
1 300 élèves sont désastreuses. Imaginer une classe
de 30m2 où s'entassent à peu près 80 élèves,
par une chaleur intense et fortement humide. C'est le quotidien de ces
élèves ! Les travaux d'urgence telles que l'adduction de
l'eau et la construction des toilettes sont faits. Mais nous devons absolument
permettre à ces élèves de travailler dans un milieu
correct et moins confiné. Ici également, le devis a été
établi et nous savons désormais pour chaque école
ou lycée le coût de chaque projet.
Quand je vois toutes ces écoles délabrées
dans lesquelles travaillent nos enfants, je m'inquiète sérieusement
de l'avenir du Laos. Comment pourrons-nous sauvegarder notre identité
si la culture de ce pays n'est plus entretenue et préservée
par l'éducation ? Comment sortir la tête hors de l'eau si
on ne nous aide pas, par tous les moyens, à éveiller et
à nourrir notre esprit ? Malgré tout cela, j'aime le Laos
et je rêve qu'un jour il s'épanouisse comme les fleurs du
frangipanier de Vat Phou.
Hatsana
David
Sy est décédé peu de temps après le retour
de Hatsanna, en janvier 2005
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