juin 2000
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LES AMIS DE PAKSANE

présentent

LE "PAYS LAO" QU'ON APPELLE LAOS

 
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Coucher de soleil sur Paksane
   Loin de tout, sans accés à la mer, sans ressources facilement exploitables dans son sous-sol, avec un territoire le plus souvent montagneux, une population clairsemée et un niveau de vie les plus faibles du monde, le Laos est redevenu depuis quelques années une destination accessible aux touristes et aux voyageurs. Ceux-ci s'attachent à ce pays beau et varié et à sa population restée accueillante et tolérante malgré les conflits et les vicissitudes qui l'ont accablée depuis plus de cinquante ans
    Parce que nous connaissons un peu ce pays où certains d'entre nous ont vécu,  ont conservé de la famille et des amis très chers, parce que nous l'aimons et voudrions qu'il soit préservé le plus possible des dégradations qui touchent certains des pays voisins, nous avons écrit ces pages sans prétention pour vous donner envie de mieux connaître le Laos et les Laotiens et vous permettre de vous enrichir au contact de ce pays authentique.


  • Une brève présentation du Laos et de ses habitants  
  • Le royaume du Lane-Xang (du 14 eme au 19 eme siècle)  
  • La colonisation française (1893-1954)  
  • La première et la deuxième guerre d'Indochine  
  • La prise du pouvoir par les communistes  
  • Le retour à la paix et au capitalisme sous domination communiste  
  • La pays Lao en 1999  
  • Données statistiques
  • Quelques références à l'histoire du Laos

  •   

    Une brève présentation du Laos et de ses habitants

    une carte du laos Au cœur de l'Indochine, le Laos mérite plus que les autres pays de la région cette qualité d'Indo-Chinois. Directement ou indirectement, le pays a connu les influences culturelles de la Chine (organisation politique et sociale, alimentation, agriculture) et de l'Inde (Bouddhisme, écriture). Ce petit pays, montagneux et tropical, grand comme la moitié de la France, est abondament arrosé par le Mékong et ses affluent. Il a connu dans le passé des périodes de splendeur, débordant largement sur le Nord et l'Est de la Thaïlande ainsi que sur le Nord du Cambodge.

    Les gens de ce pays se nomment "Lao". Sur une très ancienne carte, un explorateur avait écrit "Pays des Laos", mais comme on manque toujours de place sur une carte, il a supprimé "Pays des" et il n'est resté que "Laos". Le nom officiel du pays, Lane Xang Hom Khao (Royaume du Million d'Eléphants et du Parasol Blanc) a été remplacé en 1975 par "République Démocratique et Populaire Lao". Pratiquement, on dit "le Laos" pour désigner le pays, "les Laotiens" pour désigner les citoyens, les Lao pour désigner l'ethnie la plus importante et le lao pour désigner sa langue qui est devenue celle du système scolaire et de l'administration et qui est utilisée pratiquement partout.

    A l'origine, le terme de Lao ne désigne que l'ethnie majoritaire qui peuple maintenant les plaines de la vallée du Mékong. On les appelle maintenant les Lao Loum . Les Lao constituent une branche de la famille thaï , à laquelle se rattachent également les Siamois de Thaïlande. Les différents groupes Thaïs sont originaires de la Chine du Sud. Vers le X eme siècle, ils ont peuplé les plaines et les vallées des territoires qui correspondent maintenant au Laos et à la Thaïlande pour y prtiquer la rizière inondée. Le Nord-Est de la Thaïlande ou Isarn est essentiellement peuplé de Thaïs Lao , plus nombreux ici que la population totale du Laos, et les échanges de population ont été très fréquents dans un sens comme dans l'autre.

    Comme dans les pays voisins, une multitude d'ethnies peuplent les régions montagneuses du pays. Elles pratiquent toutes la culture sur brûlis ou Raï . Celles que l'on regroupe maintenant sous le nom de Lao Theung ( Lao des pentes) se trouvaient dans le pays avant les Thaïs . Ce sont maintenant des montagnards. Ils ont le même type physique que les Indonésiens ou les Malais, alors que les Thaïs ressemblent davantage aux Chinois. Longtemps désignés par le terme infamant de Khas (esclaves), ces Lao Theung, parfois méprisés par les autres groupes se divisent en de nombreux groupes: Khmous au nord, Bolovens au sud. D'autres ethnies, provenant également du Sud de la Chine ne sont arrivées que plus tardivement dans le courant du XIXeme siècle; On les regroupe parfois sous le nom de Lao Soung ( Lao des sommets). Les plus célèbres d'entre eux, les Hmongs ont glissé progressivement de sommet en sommet depuis le siècle dernier, au rythme des brûlis et des conflits et se retrouvent aujourd'hui éparpillés sur la moitié nord du pays.

    Il existe encore bien d'autres ethnies un peu moins nombreuses. Tous ces peuples sont très différents par la race, la langue, le costume, la culture, les activités, l'alimentation, l'organisation sociale et familiale, les croyances et le mode de vie. Les Lao sont bouddhistes, les autres groupes sont en général animistes ou chamanistes. Le Bouddhisme, très tolérant s'est superposé sans le détruire à un animisme resté partout vivace.
     

    La convivialité laotienne
    un baci lors d'un mariage

    Les Laos sont très attachés à leur culture et à leurs traditions qu'ils cultivent quotidiennement. Ainsi, le Baci est une cérémonie intime qui marque tout événement de la vie: mariage (comme sur la photo ci-dessus), départ ou retour de voyage, naissance etc.

    Ci- dessous un Baci organisé à l'école de Paksane Maï, à l'occasion de la fête des enseignants

    Joueur de khène

    Au Laos, la musique est un véritable langage spontané, le chant un mode de vie.
    Le khène (ci-dessus), qui compte en général sept paires de roseaux de différentes longueurs est véritablement l'instrument national lao.

     


    musique pour le khène

    Nam phat khay

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    Un baci à l'école


     
     
     

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    Le royaume du Lane-Xang (du 14 eme au 19 eme siècle)

       Les Lao Loum sont Bouddhistes dans leur très grande majorité. Les Indiens ont introduit le bouddhisme dans le Sud-Est asiatique après y avoir introduit l'Hindhouisme dés le début de l'ère chrétienne. Le premier royaume lao historiquement reconnu date du XIV eme siècle. Son roi s'appelle Fa Ngum , il descend d'un ancêtre plus ou moins légendaire, Khoun Bourom . Le royaume, qui s'étend sur un territoire plus grand que le Laos actuel porte le nom de Lan Xang , ce qui veut dire "royaume du million d'éléphants". Dans les siècles qui suivirent les souverains du Lan Xang furent souvent en guerre contre les Birmans et les Vietnamiens dont ils durent parfois accepter la suzeraineté. Au début du XVIIIeme siècle, le royaume fut morcelé en trois royaumes: Luang-Prabang, au Nord, Vientiane, la capitale actuelle et Champassak, au Sud, tout près du Cambodge, autour de ce qui est maintenant la région de Pakse. En 1768, les royaumes de Vientiane et de Champassak tombèrent sous domination siamoise. Dix ans plus tard, les Siamois saccageaient Vientiane et emportaient le Ph'ra Keo , le Bouddha d'émeraude que l'on peut encore admirer dans le plus célèbre temple de Bangkok.

    Morcelé, pillé, le Pays Lao était entré dans une décadence qui se poursuivra tout au long du XIX eme siècle. Les premiers récits de voyageurs occidentaux datent du XVIIeme siècle. C'était alors l'âge d'or du royaume lao , sous le règne du "roi-soleil" lao Sourignavongsa. Le marchand hollandais Van Wuystoff fut ébloui par la magnificence de Vientiane. Dans son journal, pour souligner l'importance du Bouddhisme et en même temps son aspect pacifique, il évoque ces moines "plus nombreux que les soldats de l'empereur d'Allemagne". A cette époque, Vientiane attirait les moines du Cambodge et du Siam qui venaient y faire leurs études.

    C'est vraisemblablement cet ancrage affirmé dans l'histoire qui a permis aux Lao de conserver un sentiment d'unité puissant, au travers du morcellement politique du XIX eme siècle, de la colonisation et des guerres post-coloniales du XX eme siècle. De Luang-Prabang à Pakse (la ville principale de l'ancien royaume de Champassak), on parle la même langue, proche du thaï , on utilise la même écriture, d'origine sanskrite, également proche de l'écriture thaï , mais qui s'en distingue.

    Au XIX eme siècle, c'est à Luang-Prabang, mieux protégée par les montagnes, que les descendants de la dynastie des Khoun Bourom continueront à maintenir la monarchie lao . Beaucoup plus faible que ses voisins, les royaume lao dut alors user de toutes les finesses de la diplomatie pour ne pas disparaître purement et simplement. Mais à la fin du XIX eme siècle, l'histoire de ce pays cessa de se dérouler dans un contexte purement régional. Les puissances européennes se partageaient le monde, et au Sud-Est asiatique, notamment, les Français et les Anglais se livraient à une intense compétition. Chassés d'Inde par les Anglais au XVIII eme siècle, les Français reprirent pied au Viet-Nam en 1858 sous prétexte de protéger les catholiques.


     
     
     
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    La colonisation française (1893-1954)

       Finalement, dans la péninsule indochinoise, seul le royaume du Siam réussit à préserver son indépendance, alors que les Anglais étendaient leur domination sur la Birmanie et les Français sur le Viet-Nam, le Cambodge et le Laos qui furent regroupés dans "l'Indochine". Il y eut une épreuve de force avec les Siamois qui avaient également des prétentions sur le Laos. Des navires de guerre Français bloquèrent Bangkok pour contraindre les Siamois à signer, en 1893, un traité par lequel ils reconnaissaient le protectorat que les Français avaient instauré au Laos. A la suite des accords de Genève de 1954, les Français rendirent aux Lao la pleine souveraineté de leur pays. Si l'on ajoute aux soixante ans de protectorat les vingt années qui suivirent, et où la présence culturelle de la France demeura très forte, cela fait environ quatre-vingts ans de liens relativement forts entre la France et le Laos.

    Jusqu'en 1940, l'aristocratie Lao accepta volontiers la présence Française qui avait empêché l'absoption du pays par le Siam. Les colonisateurs ne remirent jamais en cause la présence du roi dans son palais de Luang-Prabang. Il y eut, par contre, des mouvements de rebellion de la part de certaines minorités montagnardes. Les Français, en effet, qui avaient mis en chantier à partir du début du siècle la construction d'un réseau routier desservant l'ensemble de l'Indochine et entendait mettre à contribution les populations locales. Dans les faits, cette contribution, sous forme de "corvée", reposait souvent sur les Lao-Theungs , déjà en situation de quasi-esclavage vis-à-vis des féodaux Lao auprès de qui ils s'endettaient. La révolte la plus sérieuse eut lieu entre 1900 et 1910, dans le plateau des Bolovens, au sud du pays. La corvée sera abolie par le Front Populaire en 1936

    En 1940, le Laos connaît la paix, mais reste très peu développé. 95% de la population y est analphabète. 12000 enfants fréquentent des écoles primaires où l'enseignement est donné en français. Ce sont les pagodes qui transmettent l'usage de l'écriture lao . Bien que dans le Sud du pays certains colons Français obtinrent des concessions agricoles, la présence française fut surtout administrative. La mise en valeur de l'Indochine était concentrée au Viet-Nam. Le Laos étant peu peuplé, les Français encouragèrent les Vietnamiens à s'y installer pour y occuper des emplois de fonctionnaires ou d'ouvriers dans l'exploitation minière. A part Luang-Prabang, les villes de quelque importance, comme Vientiane, Paksé, Savannakhet ou Thakkhek, se peuplèrent d'une majorité de Vietnamiens.

    Le faible niveau de scolarisation peut expliquer le retard d'un reveil nationaliste lao qui ne s'exprima guère avant 1946 alors que le dans Viet-Nam voisin, dés le début du siècle, des lettrés s'organisaient pour résister à la colonisation, laissant la place dans les années vingt à toute une palette de mouvements nationalistes parmi lesquels le Parti Communiste Indochinois, dirigé par Nguyen Ai Quoc, plus connu sous le nom de Hô-Chi-Minh.

    La deuxième guerre mondiale ébranla la puissance coloniale: La France fut contrainte de céder à la Thaïlande, alliée du Japon, les provinces situées sur la rive occidentale du Mékong. Une anecdote est révélatrice du développement du nationalisme lao à cette époque: Face aux menaces japonaise et thaïlandaises, les autorités coloniales furent conduites à s'appuyer davantage sur les élites lao . Le directeur de l'instruction publique de Vientiane encouragea les jeunes Laos cultivés à retrouver les sources de l'identité culturelle lao : Littérature, musique, histoire... En 1944, quand le même fonctionnaire français voulut dévélopper l'usage de l'alphabet romain pour écrire le lao , il se heurta à une vigoureuse résistance de la part du prince Pethsarat qui était alors premier ministre à la cour de Luang-Prabang. Le prince estimait que l'écriture était un élément essentiel de la culture lao, au même titre que la langue et le Bouddhisme. Par ailleurs, Pethsarat encourageait ses jeunes demi-frères à suivre des études d'ingénieurs en France; Souvanna Phouma et Souphanouvong, premiers ingénieurs du Laos incarnèrent jusqu'en 1975 les 2 composantes du nationalisme lao , pro-occidental et pro-communiste.


     

     

     

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    La première et la deuxième guerre d'Indochine

       En Mars 1945, les Japonais occupèrent militairement toute l'Indochine française. Entre leur capitulation, en Août 45 et le retour des troupes Françaises au printemps 46, le prince Pethsarat forma un gouvernement qui réunissait les nationalistes lao de toutes tendances.

    Entre 1945 et 1980, le Laos connut une période de guerre pratiquement ininterrompue, mais la vallée du Mékong fut plus épargnée par les combats que les zones montagneuses. La "première guerre d'Indochine", entre 1946 et 1954 fut une guerre de décolonisation menée par les communistes Vietnamiens, les "Vietminh", contre les Français. Une partie des nationalistes laotiens, connut dans les années 60 sous le nom de Pathet Lao , alliée du Vietminh, se radicalisa dans la lutte contre les Français et s'intégra durablement dans le mouvement communiste mondial. La victoire du Vietminh à Dien-Bien-Phu, en 1954, conduisit à une conférence internationale à Genève qui reconnut 2 états vietnamiens: Le Nord-Vietnam, communiste, et le Sud-Vietnam, où l'influence américaine se substitua rapidement à celle des Français. Quant au Laos, la conférence confirmait la monarchie constitutionnelle mise en place par les Français depuis 1947, tout en reconnaîssant officiellement le Pathet lao dont les forces militaires étaient autorisées à se regrouper dans deux provinces du Nord-Est. Sans doute trouvait-on dans les deux camps des patriotes partisans de l'union, pour le plus grand bien du pays, mais le contexte géopolitique régional et mondial va prendre le pas sur les enjeux purement laotiens et donner raison aux plus intransigeants des deux camps. Jamais le Pathet lao n'accepta le contrôle du gouvernement royal sur ses deux provinces; jamais les militaires de droite n'ont accepté les victoires électorales du Pathet lao . Un deuxième gouvernement d'union nationale (la première tentative date de 1946), formé en 1962 eut vite fait de voler en éclats.

    La deuxième guerre d'Indochine avait commencé quelques années plus tard, 500 000 soldats américains seront engagés au Sud-Vietnam pour tenter de contrer les maquis communistes qui reçoivent du Nord une aide massive. La "piste Ho-Chi-Minh", ce réseau de routes et de sentiers que les Nord-Vietnamiens empruntent dans les montagnes de la Cordillère Anamitique, pour ravitailler leurs alliés Vietcongs du Sud-Vietnam, est située en territoire laotien. Pendant des années, les bombardiers américains basés en Thaïlande s'emploieront à bloquer cette artère vitale pour les communistes Vietnamiens. Entre 1964 et 1974, le Laos recevra plus de bombes que l'Europe entière pendant la seconde guerre nondiale. Les Américains aident massivement le gouvernement royal qui autorise en échange la C.I.A. à installer des bases dans les montagnes et à recruter parmi les minorités montagnardes des mercenaires qui mèneront des actions de commandos contre les Nord-Vietnamiens et leurs alliés Pathet lao . De 1954 à 1974, le Pathet lao parviendra néanmoins à étendre sa zone d'influence à la majorité des zones montagneuses, aidé en cela par une intervention directe mais camouflée des troupes régulières nord-vietnamiennes.

    Dans le Laos entraîné par le destin dans un conflit qui n'est pas vraiment le sien, les minorités ethniques montagnardes sont, d'un coté comme de l'autre, en première ligne. La CIA américaine enrôla massivement les Hmong dans ses forces spéciales, alors que du coté Pathet lao, on trouvait une majorité de Lao Theung , qui formaient une grande partie de la population du territoire contrôlé par le Pathet Lao. Mais on trouvait également beaucoup de Lao Theung dans les rangs des forces spéciales et dans les rangs des F.A.R., les Forces Armées Royales.

    Pendant cette période (1954-74), les Français réussissent à maintenir leur influence à travers le rôle considérable qu'ils jouent encore dans l'encadrement de secteurs comme l'éducation, la justice, la santé et même la formation militaire. Le chef de file de la droite neutraliste, le prince Souvanna Phouma, premier ministre presque sans interruption entre 1951 et 1975, francophile par sa formation et son mariage, maintient volontairement l'influence française qui n'est pas balayée par l'engagement massif des Américains dans le domaine militaire et économique. Il arrive ainsi à faire monter les enchères de l'aide étrangère. Le Laos est alors le pays le plus aidé au monde, par habitant; quelques grandes familles s'enrichissent considérablement, mais l'ensemble de la population en profite également. Ainsi, malgré la guerre, on peut noter au cours de cette période des progrès considérables dans le domaine de l'éducation et de la santé.


     

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    La prise du pouvoir par les communistes

       En Février 73, suivant d'un mois la signature des accords de Paris qui prévoyaient un cessez-le-feu précaire au Sud-Vietnam, les accords de Vientiane instauraient également au Laos un cessez-le-feu, et à partir de 1974, la formation d'un gouvernement d'union nationale qui fut bien accueilli par la population qui aspirait à une réconciliation nationale. Cependant, au début de l'année 75, les communistes du Cambodge et du Vietnam prirent le pouvoir. A leur suite les communistes laotiens écartèrent les autres tendances du pouvoir dans le courant de l'année 75.

    Dés la fin de l'année 75, il devint clair que la période de réconciliation nationale était terminée. La monarchie fut abolie, le prince héritier périt dans un camp de rééducation. La répression toucha une partie très importante de l'administration et de l'armée qui avait collaboré avec les Américains. On estime à 30 000 le nombre de ceux qui furent envoyés en samana , ces "séminaires qui était en fait des camps de rééducation. Pour ceux qui eurent la chance d'en revenir les séjours en samana se prolongèrent plusieurs années. 
    Une des conséquences de cette politique sectaire et répressive fut l'exode de près de 10% de la population, débordant ainsi largement la classe aisée et les couches dotées d'une certaine instruction.

    Le communisme instauré au Laos, sans atteindre comme au Cambodge les sommets de la barbarie, démoralisa une bonne partie de la population rurale par des méthodes autoritaires complètement inadéquates. 
    Sous l'ancien régime, le peuple était victime d'abus personnels ou de la concussion des fonctionnaires, et d'une façon plus générale , de la gestion globale de la société par l'aristocratie, qui, pour établir sa domination utilisait des éléments extérieurs tels que la culture française ou le dollar américain. Mais le peuple n'était menacé individuellement que rarement. Par ailleurs, il pouvait trouver un recours dans le jeu d'influence respectif que les grandes familles entretenaient entre elles ou par l'intermédiaire d'une pression morale de la pagode.

    Et chose très remaquable, il existait aussi bien dans l'ancien Royaume de Lane Xang que dans le Royaume Lao contemporain, une véritable autonomie villageoise dans laquelle l'Etat s'ingérait peu: Un conseil mixte de village, formé par l'ensemble des chefs de famille et les bonzes, détenait l'autorité politique qu'un chef de village, choisi par élection parmi les chefs de famille, exerçait par délégation pour coordonner les activités économiques et socio-culturelles de la communauté villageoise et servir d'intermédiaire auprès de l'Etat. C'était lui, par exemple, qui percevait les impots et désignait les familles corvéables. Mais l'Etat qui était représenté localement par un tiao muong (chef de district) ne s'immiscait qu'exceptionnellement dans les affaires du village. Ainsi, presque 90% de la population laotienne pouvait bénéficier de cette cellule politique privilégiée, démocratique et souveraine, qu'était le village traditionnel. La grande nouveauté, sous le nouveau régime, était le fait que l'Etat avait forcé les portes des villages..."

     

    Dans toutes les agglomérations de quelque importance, y compris à Paksane , des haut-parleurs furent installés, déversant la bonne paole révolutionnaire dés cinq heures du matin. 
    La collectivisation mise en place, en fait l'obligation d'adhérer à un système coopératif aux formes d'ailleurs floues, aboutit à casser les ressorts traditionnels de l'entr'aide villageoise.
    Le Premier ministre communiste Kaysone Phomivanh reconnut l'échec du système dés 1981: L'agriculutre lao n'a pas besoin d'une réforme agraire abolissant le régime féodal, car la terre appartient déjà aux paysans.


     

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    Le retour à la paix et au capitalisme sous domination communiste

       En 1986, le congrès du Parti introduit "le Nouveau Mécanisme Economique", basé sur la décentralisation, l'initiative privée et la vérité des prix. Quelques années plus tard, la chute du communisme en URSS vida de tout son sens l'appartenance au bloc communiste, mais en 1999, le Laos reste un régime à parti unique dont les dirigeants ont vécu ce qu'ils appellent "la guerre de 30ans, de 1945 à 1975".

    En fait, si l'on peut considérer qu'aujourd'hui le Laos vit en paix, de nombreuses provinces connurent pour certaines la guerre, et pour d'autres une forte insécurité, jusqu'au début des années 90. 
    Jusqu'à la fin des années 70, il y eut de très violents affrontements entre les Hmongs et les forces régulières nord-vietnamiennes et laotiennes. Beaucoup de Hmongs furent exterminés, d'autres réussirent à gagner la frontière Thaïlandaise, alors que d'autres enfin constituèrent des bandes pirates qui sévirent encore au début des années 90.

    Beaucoup des émigrés qui avaient traversé le Mékong avaient gagné les pays occidentaux, Etats-Unis, France, Australie, Canada..., mais certains, restés en Thaïlnde essayèrent de mener des actions de guérilla à partir du territoire Thaïlandais. 
    La province de Paksane demeura ainsi longtemps dans l'insécurité. Jusqu'au début des années 90, des groupes de résistance animés par d'anciens militaires ont fait de cette région un des hauts lieux de la résistance au nouveau régime
    Les petits groupes de Patikan (partisans), mobiles et connaissant parfaitement le pays, péraient parfois en liaison avec des groupes de Hmong descendus du nord. Leur principale motivation semble avoir été l'opposition à l'occupation vietnamienne. 
    Jamais la résistance laotienne partagée en de multiples tendances et groupes ethniques, servant de faire-valoir à quelques anciens dirigeants qui rêvaient de rétablir un régime discrédité aux yeux de la majorité des laotiens n'a pu réaliser une certaine unité.
    En 1992, un obus lancé sur un bâtiment officiel de Paksane manqua son but et explosa sur une habitation particulière faisant un mort. 
    En 1999, alors que les troupes vietnamiennes ont regagné leur pays (seuls, quelques groupes de "travailleurs" participent aux grands chantiers du Laos), les quelques attentats ou actes de sabotage relèvent plus du banditisme que d'une résistance organisée.


     
     
     
     
     

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    La pays Lao en 1999

       La nouvelle politique économique conduite depuis 1986 et la paix qui s'est étendue progressivement à tout le pays se sont traduites par une relative prospérité. Entre 1986 et 1996, la croissance moyenne du P.I.B. était de 6.4% par an, moyenne qui recouvre bien entendu de grandes disparités. 
    Les régions montagneuses qui ont connu un certain nombre de fléaux naturels n'ont guère profité de cette embellie. Le Laos a pu bénéficier d'une aide internationale assez diversifiée (Thaïlande, Australie, Chine, Europe, Japon). En témoigne, par exemple, à Paksane , la construction d'un hôpital financé par une organisation bouddhiste thaïlandaise. 
    En Avril 1994, on a inauguré le premier pont sur le Mékong qui symbolise en quelque sorte l'ouverture sur le monde. Plusieurs projets hydroélectriques de grande importance ont été initiés : Les possibilités du Laos sont riches en ce domaine, il peut vendre de l'électricité à la Thaïlande. De fait, l'électricité est le premier produit d'exportation devant l'agriculture, le bois, l'étain et les textiles.(Voir le site du projet de Nam Theun2: http://www.namtheun2.com )
    I l n'empêche que jusqu'à présent, les exportations sont largement déficitaires par rapport aux importations par suite d'un très faible développement de l'industrie. 
    La croissance économique depuis 1986 n'empêche pas que, dans les domaines de l'éducation et de la santé, la situation est inférieure à ce qu'elle était au début des années 70. 
    Le départ massif des élites éduquées entre 1976 et 1980 fait encore sentir ses effets.

    En 1997 et 1998, le Laos a subi de plein fouet ce qu'on a appelé la crise asiatique même si, en dehors de la vallée du Mékong, une économie de subsistance et peu monétarisée a protégé la majorité de la population contre une grave contagion. 
    On se souvient que la Thaïlande a été la première frappée par la crise. Or la Thaïlande était le premier investisseur au Laos. La globalité des investissements étrangers est passés de 1.2 milliards de dollar en 1995 à 150 millions en 1997. Entre Juillet 97 et fin 98, le kip laotien est passé de 900 kips à 4200 kips pour un dollar, il a également perdu la moitié de sa valeur par rapport au baht thaïlandais. Tous les produits importés, ne serait-ce que l'essence, deviennent inabordables pour la population. En 1998, la croissance était tout juste positive.

    On ne saurait passer sous silence de nombreux problèmes écologiques qui se posent au Laos de 1999. 
    La déforestation, dûe aussi bien à l'exploitation forestière qu'à la pratique de la culture sur brulis (Ray) a déjà commencé à provoquer l'érosion et la dégradation des sols tropicaux. 
    Les minorités montagnardes qui pratiquent le Ray résistent à la sédentarisation. L'exploitation des minerais provoque une pollution de l'eau des rivières. 
    Les immenses lacs de barrages en engloutissant des milliers d'hectares conduisent à la disparition de certaines espèces animales.

    L'ancienne capitale royale, Luang-Prabang, a été promue "ville du patrimoine mondial" et bénéficie de ce fait des subsides de l'UNESCO pour sa restauration. Ceci ne doit pas masquer les menaces que font peser sur l'héritage culturel et le mode de vie lao, le développement du tourisme et la proximité de la Thaïlande: L'irruption de la Télé Thaï est un fait majeur dans l'évolution actuelle du Laos.


     
     
     

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    Données statistiques

    Nom officiel République démocratique populaire lao retour au sommaire
    Langue officielle lao
    Superficie 236 800 km2
    Point culminant Phou Bia (2817m)
    Capitale Vientiane (220 000 habitants en 1994)
    Population (estimation) 5 100 000 habitants [1997]
    Densité (estimation) 21,5 habitants / km2[1997]
    Taux d'accroissement naturel (estimation) 2,8 % [1997]
    Espérance de vie à la naissance (estimation) 51,5 années [1997]
    Taux de natalité (estimation) 43 ‰ [1997]
    Taux de mortalité (estimation) 15 ‰ [1997]
    Taux de mortalité infantile (estimation) 102 ‰ [1997]
    Unité monétaire kip
    PNB 350 dollars / habitant
    Valeur globale des exportations 277 millions de dollars
    Valeur globale des importations 528 millions de dollars
     

    Statistiques comparées

     
    Laos
    Vietnam
    Thaïlande
    France
    Mali
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    Espérance de vie (ans)
    52
    67.7
    69
    77.8
    49.6
    Fécondité (enfant/femme)
    6.1
    3.1
    1.9
    1.7
    6.7
    Consommation d'énergie (kgep/hab)
    40
    104
    878
    4150
    21
    Téléviseurs pour 100 habitants
    6.9
    42
    113
       
    Scolarisation 12-17 ans
    47.8 %
    47%
    37%
       
    Analphabétisme
    43.4%
    6.3
    6.2
       


      Sur l'histoire du Laos :

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