| juin 2000 |
LES AMIS DE PAKSANE
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Parce que nous connaissons un peu ce pays où certains d'entre nous ont vécu, ont conservé de la famille et des amis très chers, parce que nous l'aimons et voudrions qu'il soit préservé le plus possible des dégradations qui touchent certains des pays voisins, nous avons écrit ces pages sans prétention pour vous donner envie de mieux connaître le Laos et les Laotiens et vous permettre de vous enrichir au contact de ce pays authentique. |
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Le royaume du Lane-Xang (du 14 eme au 19 eme siècle)Les Lao Loum sont Bouddhistes dans leur très grande majorité. Les Indiens ont introduit le bouddhisme dans le Sud-Est asiatique après y avoir introduit l'Hindhouisme dés le début de l'ère chrétienne. Le premier royaume lao historiquement reconnu date du XIV eme siècle. Son roi s'appelle Fa Ngum , il descend d'un ancêtre plus ou moins légendaire, Khoun Bourom . Le royaume, qui s'étend sur un territoire plus grand que le Laos actuel porte le nom de Lan Xang , ce qui veut dire "royaume du million d'éléphants". Dans les siècles qui suivirent les souverains du Lan Xang furent souvent en guerre contre les Birmans et les Vietnamiens dont ils durent parfois accepter la suzeraineté. Au début du XVIIIeme siècle, le royaume fut morcelé en trois royaumes: Luang-Prabang, au Nord, Vientiane, la capitale actuelle et Champassak, au Sud, tout près du Cambodge, autour de ce qui est maintenant la région de Pakse. En 1768, les royaumes de Vientiane et de Champassak tombèrent sous domination siamoise. Dix ans plus tard, les Siamois saccageaient Vientiane et emportaient le Ph'ra Keo , le Bouddha d'émeraude que l'on peut encore admirer dans le plus célèbre temple de Bangkok. Morcelé, pillé, le Pays Lao était entré dans une décadence qui se poursuivra tout au long du XIX eme siècle. Les premiers récits de voyageurs occidentaux datent du XVIIeme siècle. C'était alors l'âge d'or du royaume lao , sous le règne du "roi-soleil" lao Sourignavongsa. Le marchand hollandais Van Wuystoff fut ébloui par la magnificence de Vientiane. Dans son journal, pour souligner l'importance du Bouddhisme et en même temps son aspect pacifique, il évoque ces moines "plus nombreux que les soldats de l'empereur d'Allemagne". A cette époque, Vientiane attirait les moines du Cambodge et du Siam qui venaient y faire leurs études. C'est vraisemblablement cet ancrage affirmé dans l'histoire qui a permis aux Lao de conserver un sentiment d'unité puissant, au travers du morcellement politique du XIX eme siècle, de la colonisation et des guerres post-coloniales du XX eme siècle. De Luang-Prabang à Pakse (la ville principale de l'ancien royaume de Champassak), on parle la même langue, proche du thaï , on utilise la même écriture, d'origine sanskrite, également proche de l'écriture thaï , mais qui s'en distingue. Au XIX eme siècle, c'est à Luang-Prabang, mieux protégée par les montagnes, que les descendants de la dynastie des Khoun Bourom continueront à maintenir la monarchie lao . Beaucoup plus faible que ses voisins, les royaume lao dut alors user de toutes les finesses de la diplomatie pour ne pas disparaître purement et simplement. Mais à la fin du XIX eme siècle, l'histoire de ce pays cessa de se dérouler dans un contexte purement régional. Les puissances européennes se partageaient le monde, et au Sud-Est asiatique, notamment, les Français et les Anglais se livraient à une intense compétition. Chassés d'Inde par les Anglais au XVIII eme siècle, les Français reprirent pied au Viet-Nam en 1858 sous prétexte de protéger les catholiques. |
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La colonisation française (1893-1954)Jusqu'en 1940, l'aristocratie Lao accepta volontiers la présence Française qui avait empêché l'absoption du pays par le Siam. Les colonisateurs ne remirent jamais en cause la présence du roi dans son palais de Luang-Prabang. Il y eut, par contre, des mouvements de rebellion de la part de certaines minorités montagnardes. Les Français, en effet, qui avaient mis en chantier à partir du début du siècle la construction d'un réseau routier desservant l'ensemble de l'Indochine et entendait mettre à contribution les populations locales. Dans les faits, cette contribution, sous forme de "corvée", reposait souvent sur les Lao-Theungs , déjà en situation de quasi-esclavage vis-à-vis des féodaux Lao auprès de qui ils s'endettaient. La révolte la plus sérieuse eut lieu entre 1900 et 1910, dans le plateau des Bolovens, au sud du pays. La corvée sera abolie par le Front Populaire en 1936 En 1940, le Laos connaît la paix, mais reste très peu développé. 95% de la population y est analphabète. 12000 enfants fréquentent des écoles primaires où l'enseignement est donné en français. Ce sont les pagodes qui transmettent l'usage de l'écriture lao . Bien que dans le Sud du pays certains colons Français obtinrent des concessions agricoles, la présence française fut surtout administrative. La mise en valeur de l'Indochine était concentrée au Viet-Nam. Le Laos étant peu peuplé, les Français encouragèrent les Vietnamiens à s'y installer pour y occuper des emplois de fonctionnaires ou d'ouvriers dans l'exploitation minière. A part Luang-Prabang, les villes de quelque importance, comme Vientiane, Paksé, Savannakhet ou Thakkhek, se peuplèrent d'une majorité de Vietnamiens. Le faible niveau de scolarisation peut expliquer le retard d'un reveil nationaliste lao qui ne s'exprima guère avant 1946 alors que le dans Viet-Nam voisin, dés le début du siècle, des lettrés s'organisaient pour résister à la colonisation, laissant la place dans les années vingt à toute une palette de mouvements nationalistes parmi lesquels le Parti Communiste Indochinois, dirigé par Nguyen Ai Quoc, plus connu sous le nom de Hô-Chi-Minh. La deuxième guerre mondiale ébranla la puissance coloniale: La France fut contrainte de céder à la Thaïlande, alliée du Japon, les provinces situées sur la rive occidentale du Mékong. Une anecdote est révélatrice du développement du nationalisme lao à cette époque: Face aux menaces japonaise et thaïlandaises, les autorités coloniales furent conduites à s'appuyer davantage sur les élites lao . Le directeur de l'instruction publique de Vientiane encouragea les jeunes Laos cultivés à retrouver les sources de l'identité culturelle lao : Littérature, musique, histoire... En 1944, quand le même fonctionnaire français voulut dévélopper l'usage de l'alphabet romain pour écrire le lao , il se heurta à une vigoureuse résistance de la part du prince Pethsarat qui était alors premier ministre à la cour de Luang-Prabang. Le prince estimait que l'écriture était un élément essentiel de la culture lao, au même titre que la langue et le Bouddhisme. Par ailleurs, Pethsarat encourageait ses jeunes demi-frères à suivre des études d'ingénieurs en France; Souvanna Phouma et Souphanouvong, premiers ingénieurs du Laos incarnèrent jusqu'en 1975 les 2 composantes du nationalisme lao , pro-occidental et pro-communiste. |
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La première et la deuxième guerre d'IndochineEntre 1945 et 1980, le Laos connut une période de guerre pratiquement ininterrompue, mais la vallée du Mékong fut plus épargnée par les combats que les zones montagneuses. La "première guerre d'Indochine", entre 1946 et 1954 fut une guerre de décolonisation menée par les communistes Vietnamiens, les "Vietminh", contre les Français. Une partie des nationalistes laotiens, connut dans les années 60 sous le nom de Pathet Lao , alliée du Vietminh, se radicalisa dans la lutte contre les Français et s'intégra durablement dans le mouvement communiste mondial. La victoire du Vietminh à Dien-Bien-Phu, en 1954, conduisit à une conférence internationale à Genève qui reconnut 2 états vietnamiens: Le Nord-Vietnam, communiste, et le Sud-Vietnam, où l'influence américaine se substitua rapidement à celle des Français. Quant au Laos, la conférence confirmait la monarchie constitutionnelle mise en place par les Français depuis 1947, tout en reconnaîssant officiellement le Pathet lao dont les forces militaires étaient autorisées à se regrouper dans deux provinces du Nord-Est. Sans doute trouvait-on dans les deux camps des patriotes partisans de l'union, pour le plus grand bien du pays, mais le contexte géopolitique régional et mondial va prendre le pas sur les enjeux purement laotiens et donner raison aux plus intransigeants des deux camps. Jamais le Pathet lao n'accepta le contrôle du gouvernement royal sur ses deux provinces; jamais les militaires de droite n'ont accepté les victoires électorales du Pathet lao . Un deuxième gouvernement d'union nationale (la première tentative date de 1946), formé en 1962 eut vite fait de voler en éclats. La deuxième guerre d'Indochine avait commencé quelques années plus tard, 500 000 soldats américains seront engagés au Sud-Vietnam pour tenter de contrer les maquis communistes qui reçoivent du Nord une aide massive. La "piste Ho-Chi-Minh", ce réseau de routes et de sentiers que les Nord-Vietnamiens empruntent dans les montagnes de la Cordillère Anamitique, pour ravitailler leurs alliés Vietcongs du Sud-Vietnam, est située en territoire laotien. Pendant des années, les bombardiers américains basés en Thaïlande s'emploieront à bloquer cette artère vitale pour les communistes Vietnamiens. Entre 1964 et 1974, le Laos recevra plus de bombes que l'Europe entière pendant la seconde guerre nondiale. Les Américains aident massivement le gouvernement royal qui autorise en échange la C.I.A. à installer des bases dans les montagnes et à recruter parmi les minorités montagnardes des mercenaires qui mèneront des actions de commandos contre les Nord-Vietnamiens et leurs alliés Pathet lao . De 1954 à 1974, le Pathet lao parviendra néanmoins à étendre sa zone d'influence à la majorité des zones montagneuses, aidé en cela par une intervention directe mais camouflée des troupes régulières nord-vietnamiennes. Dans le Laos entraîné par le destin dans un conflit qui n'est pas vraiment le sien, les minorités ethniques montagnardes sont, d'un coté comme de l'autre, en première ligne. La CIA américaine enrôla massivement les Hmong dans ses forces spéciales, alors que du coté Pathet lao, on trouvait une majorité de Lao Theung , qui formaient une grande partie de la population du territoire contrôlé par le Pathet Lao. Mais on trouvait également beaucoup de Lao Theung dans les rangs des forces spéciales et dans les rangs des F.A.R., les Forces Armées Royales. Pendant cette période (1954-74), les Français réussissent à maintenir leur influence à travers le rôle considérable qu'ils jouent encore dans l'encadrement de secteurs comme l'éducation, la justice, la santé et même la formation militaire. Le chef de file de la droite neutraliste, le prince Souvanna Phouma, premier ministre presque sans interruption entre 1951 et 1975, francophile par sa formation et son mariage, maintient volontairement l'influence française qui n'est pas balayée par l'engagement massif des Américains dans le domaine militaire et économique. Il arrive ainsi à faire monter les enchères de l'aide étrangère. Le Laos est alors le pays le plus aidé au monde, par habitant; quelques grandes familles s'enrichissent considérablement, mais l'ensemble de la population en profite également. Ainsi, malgré la guerre, on peut noter au cours de cette période des progrès considérables dans le domaine de l'éducation et de la santé. |
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La prise du pouvoir par les communistesDés la fin de l'année 75, il devint clair que la période
de réconciliation nationale était terminée. La
monarchie fut abolie, le prince héritier périt dans un
camp de rééducation. La répression toucha une partie
très importante de l'administration et de l'armée qui
avait collaboré avec les Américains. On estime à
30 000 le nombre de ceux qui furent envoyés en samana
, ces "séminaires qui était en fait des camps de rééducation.
Pour ceux qui eurent la chance d'en revenir les séjours en
samana se prolongèrent plusieurs années. Le communisme instauré au Laos, sans atteindre comme au Cambodge
les sommets de la barbarie, démoralisa une bonne partie de la
population rurale par des méthodes autoritaires complètement
inadéquates. Et chose très remaquable, il existait aussi bien dans l'ancien
Royaume de Lane Xang que dans le Royaume Lao contemporain, une véritable
autonomie villageoise dans laquelle l'Etat s'ingérait peu: Un
conseil mixte de village, formé par l'ensemble des chefs de famille
et les bonzes, détenait l'autorité politique qu'un chef
de village, choisi par élection parmi les chefs de famille, exerçait
par délégation pour coordonner les activités économiques
et socio-culturelles de la communauté villageoise et servir d'intermédiaire
auprès de l'Etat. C'était lui, par exemple, qui percevait
les impots et désignait les familles corvéables. Mais
l'Etat qui était représenté localement par un
tiao muong (chef de district) ne s'immiscait qu'exceptionnellement
dans les affaires du village. Ainsi, presque 90% de la population laotienne
pouvait bénéficier de cette cellule politique privilégiée,
démocratique et souveraine, qu'était le village traditionnel.
La grande nouveauté, sous le nouveau régime, était
le fait que l'Etat avait forcé les portes des villages..."
Dans toutes les agglomérations de quelque importance, y compris
à Paksane
, des haut-parleurs furent installés, déversant la bonne
paole révolutionnaire dés cinq heures du matin.
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Le retour à la paix et au capitalisme sous domination communisteEn 1986, le congrès du Parti introduit "le Nouveau Mécanisme Economique", basé sur la décentralisation, l'initiative privée et la vérité des prix. Quelques années plus tard, la chute du communisme en URSS vida de tout son sens l'appartenance au bloc communiste, mais en 1999, le Laos reste un régime à parti unique dont les dirigeants ont vécu ce qu'ils appellent "la guerre de 30ans, de 1945 à 1975". En fait, si l'on peut considérer qu'aujourd'hui le Laos vit
en paix, de nombreuses provinces connurent pour certaines la guerre,
et pour d'autres une forte insécurité, jusqu'au début
des années 90. Beaucoup des émigrés qui avaient traversé le Mékong
avaient gagné les pays occidentaux, Etats-Unis, France, Australie,
Canada..., mais certains, restés en Thaïlnde essayèrent
de mener des actions de guérilla à partir du territoire
Thaïlandais. |
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La pays Lao en 1999 La nouvelle politique économique
conduite depuis 1986 et la paix qui s'est étendue progressivement
à tout le pays se sont traduites par une relative prospérité.
Entre 1986 et 1996, la croissance moyenne du P.I.B. était de
6.4% par an, moyenne qui recouvre bien entendu de grandes disparités.
En 1997 et 1998, le Laos a subi de plein fouet ce qu'on a appelé
la crise asiatique même si, en dehors de la vallée du Mékong,
une économie de subsistance et peu monétarisée
a protégé la majorité de la population contre une
grave contagion. On ne saurait passer sous silence de nombreux problèmes écologiques
qui se posent au Laos de 1999. L'ancienne capitale royale, Luang-Prabang, a été promue "ville du patrimoine mondial" et bénéficie de ce fait des subsides de l'UNESCO pour sa restauration. Ceci ne doit pas masquer les menaces que font peser sur l'héritage culturel et le mode de vie lao, le développement du tourisme et la proximité de la Thaïlande: L'irruption de la Télé Thaï est un fait majeur dans l'évolution actuelle du Laos. |
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| Nom officiel | République démocratique populaire lao | retour au sommaire |
| Langue officielle | lao | |
| Superficie | 236 800 km2 | |
| Point culminant | Phou Bia (2817m) | |
| Capitale | Vientiane (220 000 habitants en 1994) | |
| Population (estimation) | 5 100 000 habitants [1997] | |
| Densité (estimation) | 21,5 habitants / km2[1997] | |
| Taux d'accroissement naturel (estimation) | 2,8 % [1997] | |
| Espérance de vie à la naissance (estimation) | 51,5 années [1997] | |
| Taux de natalité (estimation) | 43 ‰ [1997] | |
| Taux de mortalité (estimation) | 15 ‰ [1997] | |
| Taux de mortalité infantile (estimation) | 102 ‰ [1997] | |
| Unité monétaire | kip | |
| PNB | 350 dollars / habitant | |
| Valeur globale des exportations | 277 millions de dollars | |
| Valeur globale des importations | 528 millions de dollars |
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| Espérance de vie (ans) |
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| Fécondité (enfant/femme) |
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| Consommation d'énergie (kgep/hab) |
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| Téléviseurs pour 100 habitants |
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| Scolarisation 12-17 ans |
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| Analphabétisme |
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